Trop d’écrans prive nos enfants d’avoir accès à leur propre représentation du monde !

Axelle de La Giraudière, psychologue et formatrice FLYAWAY

Selon la théorie des Intelligences Multiples, mise en place par Howard Gardner en 1983, l’Intelligence visuelle spatiale, c’est ma capacité à me créer mes propres images mentales, à me construire mes propres représentations du Monde qui m’entoure. Et cela, nous le construisons dès notre tendre enfance, quand nous jouons à la marchande, à la poupée, quand nous nous transformons en Robin des Bois dès que nous apercevons la moindre brindille… Nous continuons à l’utiliser quand nous imaginons Waterloo pendant les cours d’Histoire-Géographie ou quand nous sommes au côté de la célèbre héroïne de Daphné du Maurier quand elle découvre Manderley.
C’est cette intelligence qui me permet de me repérer dans l’espace, de me souvenir d’un trajet, d’imaginer des scénarios, de construire des histoires, et de mémoriser. Ainsi, si je suis en déficit de cette intelligence, j’aurai de grandes difficultés de mémorisation. Or, nous constatons tous que beaucoup de jeunes ont de plus en plus de difficultés à mémoriser et à se
concentrer. En lecture, nous observons aussi régulièrement certains enfants sachant déchiffrer mais ne comprenant pourtant pas le sens de ce qu’ils lisent. Une des pistes possibles est un déficit de cette intelligence visuelle spatiale.

Comment l’expliquer ? Ce déficit peut s’expliquer de multiples façons. Une observation peut tout de même être relevée : le temps passé devant les écrans. Quand je reste passive devant un écran, je reçois des images, mais je ne me construis pas mes propres images mentales. Ce que je ferai en revanche en prenant un livre, ou en jouant avec des jouets, dans ma chambre. Quand je suis face à un écran, hypnotisé, je ne sollicite pas mon imagination, je ne construis pas un scénario, je ne fais preuve d’aucune créativité. Or c’est grâce à cela que je construis mon processus d’apprentissage et de mémorisation.

Une image est plus parlante qu’un long discours :


Expérience menée par deux médecins allemands en 2006, sur une population de près de 2 000 élèves, âgés de 5 et 6 ans. 


Nul besoin de commenter la différence des représentations imaginaires entre des enfants soumis à la télévision plus de trois heures par jour, et des enfants dont l’exposition est égale ou inférieure à une heure. Aussi si Boris Cyrulnik est formel « Pas d’écran avant 3 ans. Pas d’ordinateur ni de tablette pour les moins de 6ans », c’est pour laisser à l’enfant le temps de mettre en place les bases de cette intelligence visuelle spatiale, indispensable à son développement intellectuel.

Et Catherine Gueguen complète : Vive les tours en kapla, les châteaux en légo et autres jeux pour construire, imaginer, créer !

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